L’histoire médicale

doctor with male patientEn premier lieu et afin qu’un professionnel de la santé puisse établir un diagnostic éclairé, il est extrêmement important que la personne susceptible de vivre avec la condition épileptique puisse fournir son histoire médicale de façon détaillée. La personne doit être aussi précise que possible tant sur ses antécédents médicaux que sur les crises qui ont précédé la rencontre avec le médecin. De ce fait, il pourrait s’avérer particulièrement pertinent de demander à un proche ayant assisté à une de ses crises ou à plusieurs de celles-ci d’accompagner la personne au rendez-vous médical afin que l’accompagnateur puisse décrire l’évènement de façon précise. Par ailleurs, le médecin pourrait poser des questions semblables à celles-ci :

  • quelle était la durée de la crise?
  • la réaction physique de la personne?
  • comment se sentait la personne suite à la crise?
  • est-ce que la crise aurait pu être provoquée par un problème temporaire (ex. : fièvre)?
  • est-ce qu’il s’agit d’un évènement isolé ou il y a eu plusieurs crises?

De plus, il est possible que le médecin pose des questions sur l’historique médical de la famille.

En résumé, il faut bien se préparer avant d’arriver au rendez-vous médical afin d’être en mesure de répondre aux questions du professionnel de la santé. Cela permettra à ce dernier d’avoir les éléments nécessaires pour poser rapidement un diagnostic qui soit le plus exact possible.

La chirurgie

À qui ça s’adresse ?

La chirurgie est une forme de traitement qui n’est recommandée que dans de rares cas d’épilepsie.

La pharmaco-résistance et l’épilepsie réfractaire

Lorsque les crises épileptiques sont assez bien contrôlées, à l’aide de la seule prise de médicaments, il n’est nullement nécessaire d’envisager la chirurgie. Cependant, certains patients ne répondent pas ou trop peu à la médication. En effet, malgré la prise de médicaments, ces personnes ne réussissent pas à contrôler les crises ou à les diminuer de façon substantielle, et cela après plusieurs changements de traitements médicamenteux. Nous appelons ces personnes soit « pharmaco-résistantes » ou présentant une épilepsie réfractaire. Cependant, avant de déclarer ces personnes
iStock_000019765641_ExtraSmallcomme étant pharmaco-résistantes, le médecin doit s’assurer que cette résistance n’est pas une pseudo-résistance causée par un mauvais choix thérapeutique et que la prise de médicament a été faite de façon adéquate. Le pourcentage de personnes pharmaco-résistantes s’évalue à environ 25 %. Dans ces cas particuliers, il est possible que le médecin recommande à son patient d’envisager la possibilité de se faire opérer au cerveau pour un meilleur résultat.

Le foyer épileptique

Lorsque la décision de procéder à l’opération est prise par le médecin traitant et la personne épileptique, le professionnel de la santé tentera de déterminer le siège du « foyer épileptique ». Le foyer épileptique est défini comme étant l’emplacement dans le cerveau où les crises d’épilepsie se déclenchent. De ce fait, la chirurgie peut consister en une ablation du foyer ou de la région cervicale du foyer épileptique. Cependant, il est évident que la chirurgie n’aura pas lieu si le foyer épileptique se situe au voisinage d’une zone cérébrale à haut risque. Si c’est le cas, le foyer épileptique sera non opérable.

La stimulation du nerf vague – SNV

brain waves on encephalogramme eegLa stimulation du nerf vague (SNV) est un traitement proposé aux sujets pharmaco-résistants. Il ne s’agit pas d’un traitement alternatif à la médication puisque celle-ci demeure nécessaire dans la plupart des cas, mais plutôt d’un appoint thérapeutique. La technique consiste en l’implantation d’un dispositif capable de stimuler le nerf vague à un intervalle fixé. En effet, la stimulation intermittente du nerf vague parvient à réduire la fréquence et l’intensité des crises à long terme chez certains patients épileptiques.

De plus, ce dispositif permet de réduire le risque de crise lorsque la personne ressent un « avertissement » ou un « signal symptôme » qu’on désigne communément sous le nom d’« aura épileptique ». Dans ces cas-là, la personne concernée sera en mesure de déclencher une stimulation du nerf par elle-même à l’aide d’un petit aimant.

La stimulation du nerf vague comporte comme tout traitement quelques effets secondaires comme : la voix enrouée, un malaise ou un chatouillement dans la gorge, un changement du timbre de la voix jusqu’à la fin du cycle de stimulation, un risque d’infection lors de l’implantation ou encore des serrements à la poitrine.

Le régime cétogène

Chez les personnes qui ne répondent pas suffisamment aux traitements anticonvulsivants, les crises peuvent également être contrôlées en modifiant l’alimentation. Ce régime alimentaire est appelé « diète cétogène ». Elle n’est prescrite qu’en cas d’insuffisance des médicaments, en conjonction avec ces derniers, généralement aux jeunes de moins de 12 ans. Le jeune suit ce régime pendant une période de 2 à 3 ans. Ce traitement peut dans de rares cas être recommandé à certains adultes, mais ses nombreuses restrictions et le fait que le métabolisme des gras soit différent chez ces derniers peuvent les empêcher de le suivre.

La diète cétogène vise à ce que le métabolisme produise la majeure partie de son énergie en brûlant des gras et non des glucides. L’alimentation est donc riche en gras, mais faible en hydrate de carbone et en protéine. En moyenne, l’apport en gras est 4 fois plus élevé. Le corps se retrouvera en état de dénutrition puisqu’il n’a pas assez de glucides pour produire son énergie. Ainsi, il change sa façon de la produire. L’énergie résulte alors de la décomposition d’acides gras et de triglycérides. L’équipe médicale peut suggérer de compléter l’alimentation avec des suppléments de vitamines. Bien que ce traitement puisse être efficace pour certaines personnes, il n’est pas conseillé à tout le monde. En effet, la rigueur est de mise puisque tout écart pourrait mener à l’échec du traitement et à un retour aux crises. Ainsi, les parents qui choisissent d’opter pour ce traitement doivent être prêts à s’investir afin que l’alimentation de leur jeune enfant respecte à la lettre les recommandations de l’équipe médicale. Peu importe la raison et le temps que ça prendra, le parent doit veiller à ce que le jeune mange tout ce qu’on lui a préparé.

Les instruments d’évaluation

L’électro-encéphalogramme

EEG : Le premier instrument susceptible d’être utilisé pour détecter les crises d’épilepsie est l’électro-encéphalogramme (EEG). Cet appareil sert à analyser l’activité électrique du cerveau. Cela se fait à l’aide « d’une série d’ondes graphiques ».

iStock_000010204496_ExtraSmallAfin d’imager l’électro-encéphalogramme, nous pouvons décrire cet instrument comme un appareil ressemblant beaucoup au détecteur de mensonges. Sauf que, contrairement au détecteur de mensonges, les électrodes de l’électro-encéphalogramme sont fixées au cuir chevelu.

L’utilisation de l’électro-encéphalogramme est assez simple. Grâce à cet appareil, il est possible de percevoir les crises d’épilepsie sur un graphique créé par l’EEG. Lors d’une crise, l’électro-encéphalogramme produit un tracé différent, ce qui rend les crises épileptiques facilement identifiables sur la feuille de résultats. En effet, les anomalies au niveau du cerveau produiront un tracé différent. Par ailleurs, grâce au tracé obtenu suite au test par l’EEG, il est parfois possible de déterminer quelle partie du cerveau est atteinte et de localiser ainsi la région du cerveau qui provoque les crises d’épilepsie.

Les techniques tomographiques

Une autre famille d’instruments que nous pouvons utiliser pour explorer les crises d’épilepsie est celle qui regroupe les techniques tomographiques. La tomographie est une technique radiologique qui permet d’obtenir artificiellement l’image radiographique nette d’un plan de coupe d’organe ou iStock_000018406593_ExtraSmalld’organisme tout en estompant les autres couches. Comparativement à l’électroencéphalogramme qui produit un tracé, les outils tomographiques permettent d’avoir une image visualisable d’une partie ou de la totalité du cerveau. Parmi ces instruments, trois d’entre eux rendent d’énormes services en matière de diagnostic de l’épilepsie et de suivi des personnes qui en sont atteintes.

Le premier est l’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM). Celui-ci est composé d’un aimant servant à établir une image qui sera par la suite analysée par l’ordinateur. Cet instrument a l’avantage de produire des images de bonne résolution. L’Imagerie par Résonance Magnétique est utilisée pour avoir une image claire et détaillée de la structure du cerveau.

Le second instrument est la Tomodensitométrie (TDM). Il s’agit de rayons X qui sont détectés et analysés par l’ordinateur et par la suite nous aurons une image d’une tranche du cerveau.

Le troisième instrument est la tomographie par émission de positons (TEP). Contrairement au MRI et au TDM, la tomographie par émission de positons n’illustre pas la structure du cerveau, mais plutôt le métabolisme de ce cerveau.

Bibliographie
Campus de Neurochirurgie

http://campus.neurochirurgie.fr/spip.php?article414 

Canoë Santé

http://sante.canoe.ca/condition_info_details.asp?disease_id=54

Epilepsy Action Australia

http://www.epilepsy.org.au/about-epilepsy/medical-aspects/treatment#vagus

ÉPILEPSIE CANADA (2004) “ Diète cétogène ”
 
Epilepsy foundation

http://fr.wikipedia.org/wiki/Épilepsie#.C3.89tymologie

Larousse

http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/tomographie/78359

Santé Médecine

http://sante-medecine.commentcamarche.net/contents/epilepsie/les-traitements-de-l-rsquo-epilepsie

Service vie

http://www.servicevie.com/sante/guide-des-maladies/cerveau-et-nerfs/Epilepsie/a/1625/4